Saylor sous l’eau alors que Bitcoin chute sous 76 000$ : Quel impact sur le marché ?
C’est le seuil psychologique que tout le marché redoutait. Avec un Bitcoin (BTC) glissant sous la barre des 76 000 $, le portefeuille massif de MicroStrategy est officiellement passé en territoire négatif. Alors que la peur s’empare des investisseurs particuliers, Michael Saylor, le plus grand détenteur institutionnel de BTC, se retrouve face à une pression inédite. Mais attention aux conclusions hâtives : si la situation comptable est rouge, la structure financière de l'entreprise est bâtie pour résister à bien pire. Analyse d'un moment critique pour le roi des cryptos.
MicroStrategy sous l’eau : Le seuil des 76 037 $ a cédé
Le marché crypto retient son souffle. Pour la première fois depuis le début de sa campagne d’accumulation massive, le prix du Bitcoin est passé en dessous du prix de revient moyen de MicroStrategy, estimé à précisément 76 037 $ par coin. Avec un cours actuel oscillant autour de 78 000 $ (au moment de la rédaction), chaque satoshi détenu par l’entreprise s’approche de la zone rouge.
Ce basculement n’est pas anodin. MicroStrategy détient un trésor de guerre de 712 647 BTC. Une chute, même minime, sous le prix d’achat moyen se traduit immédiatement par des centaines de millions de dollars de moins-value non réalisée sur le bilan. Pour les observateurs extérieurs et les médias traditionnels, c’est souvent le signal d’une capitulation imminente. Pourtant, la réalité technique est bien différente.
La chute récente du cours s’explique par un cocktail macroéconomique complexe et une liquidité réduite le week-end, exacerbant les mouvements baissiers. Mais ce passage « sous l’eau » est avant tout symbolique pour Saylor. La vraie question n’est pas de savoir s’il perd de l’argent aujourd’hui, mais s’il peut tenir sa position demain. Et la réponse réside dans la structure de sa dette.
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Contrairement aux traders particuliers utilisant un effet de levier excessif sur Binance ou Bybit, Michael Saylor ne risque pas l’appel de marge (margin call) fatidique. C’est le point crucial que beaucoup ignorent. La totalité des 712 647 BTC détenus par MicroStrategy sont non grevés (unencumbered). Cela signifie qu’ils ne servent pas de collatéral pour un prêt qui pourrait être liquidé automatiquement si le prix s’effondre.
La stratégie de financement de MicroStrategy repose sur de la dette convertible et des obligations senior, dont les échéances sont lointaines (la plupart ne sont pas dues avant 2027 ou 2028). En clair, tant que l’entreprise peut payer les intérêts de sa dette (qui sont relativement faibles grâce aux taux négociés lors des émissions), elle n’a aucune obligation légale ou financière de vendre un seul Bitcoin, même si le cours tombait à 20 000 $.
Saylor a construit une forteresse conçue pour résister à la volatilité extrême du marché crypto. Il a souvent répété que la volatilité est le prix à payer pour la performance. Ainsi, voir son portefeuille virer au rouge temporairement fait partie du « stress test » que l’entreprise est prête à endurer. Il n’y aura donc pas de vente forcée, ce qui supprime un risque majeur de cascade de liquidations pour le marché global.
Le vrai danger : La fin de la « Stratégie Infinie » ?
Si le risque de vente est quasi nul, il existe un autre problème, plus subtil mais potentiellement plus impactant pour la dynamique haussière du Bitcoin. Jusqu’à présent, MicroStrategy profitait d’un cercle vertueux : l’action MSTR se traitait avec une prime (premium) par rapport à la valeur de ses avoirs en Bitcoin (NAV). Cela permettait à l’entreprise d’émettre de nouvelles actions (via des offres ATM – At The Market) pour lever du cash et acheter encore plus de Bitcoin, soutenant ainsi le prix.
Or, avec la chute récente, cette mécanique s’enraye. L’action MSTR se traite désormais avec une décote (discount) par rapport à ses avoirs en BTC. Conséquence immédiate : MicroStrategy ne peut plus émettre d’actions sans diluer massivement ses actionnaires existants. L’entreprise perd donc sa capacité à agir comme un acheteur marginal constant sur le marché.
C’est ici que réside le véritable impact bearish. Ce n’est pas que Saylor va vendre, c’est qu’il ne peut plus acheter au même rythme effréné qu’auparavant pour soutenir les prix. Le marché perd l’un de ses plus gros bid (acheteurs) naturels, laissant le champ libre aux vendeurs à découvert pour tester des niveaux de support inférieurs.
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