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Bitcoin au Salvador : pourquoi son utilisation a chuté de 99,8 % ?

Bitcoin au Salvador : pourquoi son utilisation a chuté de 99,8 % ?

L'utilisation du Bitcoin au Salvador s'est effondrée de 99,8 %. Entre stratégie HODL, pression du FMI et adoption en berne, que s'est-il passé ?

Bitcoin BTC baisse
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Le Salvador avait fait le pari historique d’adopter le Bitcoin comme monnaie légale en 2021. Trois ans plus tard, les chiffres d’utilisation réelle s’effondrent de façon spectaculaire.

Entre pression du FMI, stratégie de réserve nationale et désintérêt croissant de la population, l’expérience salvadorienne révèle les limites d’une adoption forcée par le haut.

Mais derrière l’échec apparent de la circulation quotidienne, une autre logique est à l’œuvre — celle du HODL érigé en politique d’État.

Une adoption qui ne s’est jamais vraiment matérialisée sur le terrain

Depuis le lancement du Bitcoin comme monnaie légale en septembre 2021, les transactions quotidiennes en BTC au Salvador ont chuté de 99,8 %. Ce chiffre, issu des données de la plateforme Chivo — le wallet officiel lancé par le gouvernement Bukele — illustre un fossé béant entre l’ambition politique et la réalité économique du terrain.

Au lancement, le gouvernement avait offert 30 dollars en Bitcoin à chaque citoyen s’inscrivant sur Chivo, générant un pic artificiel d’activité. Une fois cette prime épuisée, l’intérêt s’est évaporé. La majorité des Salvadoriens ont continué à utiliser le dollar américain pour leurs transactions courantes, faute d’infrastructure, de connectivité internet suffisante dans les zones rurales, et surtout de confiance envers la volatilité du BTC.

Les commerçants, théoriquement obligés d’accepter le Bitcoin sous peine de sanctions, ont massivement ignoré cette obligation sans que le gouvernement ne l’applique réellement. Le résultat : une loi de cours légal sans force exécutoire réelle, et une adoption qui reste cantonnée à une minorité de la population urbaine et technophile.

Le FMI, la pression réglementaire et le virage stratégique de Bukele

En janvier 2025, El Salvador a conclu un accord de prêt de 1,4 milliard de dollars avec le Fonds Monétaire International. La condition principale : renoncer au statut de monnaie légale obligatoire du Bitcoin. Le gouvernement Bukele a accepté, rendant l’acceptation du BTC volontaire plutôt qu’imposée. Un recul symbolique majeur, mais qui n’a pas mis fin à la stratégie Bitcoin de l’État.

Car en parallèle, Bukele a transformé la politique Bitcoin en stratégie de réserve nationale. Le gouvernement salvadorien accumule du BTC via une politique d’achat régulier — souvent un Bitcoin par jour — et affiche désormais une trésorerie de plusieurs centaines de BTC. Cette logique de HODL institutionnel rappelle celle adoptée par des entreprises comme MicroStrategy : conserver le Bitcoin comme actif de réserve plutôt que comme outil de paiement quotidien.

Ce pivot révèle une réalité que beaucoup d’observateurs avaient anticipée : le Bitcoin fonctionne mieux comme réserve de valeur que comme medium d’échange dans un contexte de forte volatilité. La vélocité monétaire du BTC au Salvador est quasi nulle, mais sa valeur en portefeuille national continue de croître avec le prix du marché.

Que reste-t-il de l’expérience salvadorienne pour le reste du monde ?

L’expérience salvadorienne constitue un cas d’étude unique pour les économistes, les régulateurs et les acteurs crypto. Elle démontre qu’une adoption top-down du Bitcoin — imposée par décret sans infrastructure ni éducation financière préalable — ne suffit pas à créer une économie circulaire en BTC. L’adoption monétaire réelle exige du temps, de la confiance, et une stabilité des prix que le Bitcoin ne peut pas encore garantir.

Pourtant, l’héritage salvadorien n’est pas nul. Le pays a attiré des milliers d’entrepreneurs et d’investisseurs crypto, développé une zone économique spéciale dédiée aux entreprises Bitcoin, et positionné Bukele comme figure internationale du mouvement pro-BTC. Des pays comme la Centrafrique ont tenté de répliquer le modèle, avec encore moins de succès.

La vraie leçon : forcer l’adoption d’un actif volatil comme monnaie courante dans une économie dollarisée et peu bancarisée produit inévitablement un rejet. En revanche, utiliser ce même actif comme outil de diversification des réserves souveraines pourrait s’avérer une stratégie viable — à condition que le prix du Bitcoin reste orienté à la hausse sur le long terme.

Simon Dumoulin

Simon Dumoulin

Analyste crypto, fort de 7 ans d'expérience en trading et d'un parcours solide dans l'industrie de l'iGaming et des cryptomonnaies, je couvre l'actualité crypto avec une approche rigoureuse et accessible. Passionné par la blockchain depuis 2019, j'ai publié plus de 1 200 articles et guides sur les cryptomonnaies, la DeFi et la blockchain, reconnus pour leur fiabilité et leur clarté.
 Spécialisé dans le trading on-chain et l'analyse des mouvements de baleines, je décrypte les flux blockchain pour anticiper les tendances avant qu'elles ne deviennent évidentes. L'un de mes articles a été cité par Éric Larchevêque, cofondateur de Ledger, témoignant de la qualité et de la crédibilité de mes analyses.
 Mon objectif reste inchangé : rendre la crypto compréhensible pour tous, des débutants aux investisseurs confirmés. Suivez-moi sur LinkedIn et X pour ne manquer aucune analyse.

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