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Bitcoin et l’informatique quantique : Tom Lee alerte sur 35% des BTC en danger d’ici 2028

Bitcoin et l’informatique quantique : Tom Lee alerte sur 35% des BTC en danger d’ici 2028

Tom Lee de Fundstrat avertit que l'informatique quantique pourrait menacer 35% des Bitcoin d'ici 2028. Adam Back, lui, démonte l'argument.

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Tom Lee, cofondateur de Fundstrat Global Advisors, vient de lancer une alerte qui fait réagir la communauté crypto : 35% de l’offre totale de Bitcoin serait vulnérable à une attaque quantique d’ici 2028. Une projection qui sonne comme un compte à rebours pour les détenteurs de BTC.

Mais derrière ce chiffre anxiogène se cache un débat technique bien plus nuancé. Adam Back, cypherpunk de la première heure et figure incontournable de l’écosystème Bitcoin, conteste frontalement la logique de cette alerte. Entre panique médiatique et réalité cryptographique, le fossé est immense.

Qui a raison ? Et surtout, quel risque réel pèse aujourd’hui sur le réseau Bitcoin face à la montée en puissance des ordinateurs quantiques ?

Tom Lee et la menace quantique : ce que disent vraiment les chiffres

Tom Lee s’appuie sur un constat technique précis : environ 35% des bitcoins en circulation sont stockés dans des adresses dites « exposées », c’est-à-dire des adresses P2PK (Pay-to-Public-Key) ou des adresses réutilisées dont la clé publique est visible on-chain. Or, c’est précisément cette clé publique qu’un ordinateur quantique suffisamment puissant pourrait exploiter pour remonter à la clé privée via l’algorithme de Shor.

La fenêtre de 2028 avancée par Lee n’est pas arbitraire. Elle s’aligne sur plusieurs projections académiques et industrielles estimant que des machines quantiques capables de casser l’algorithme ECDSA (Elliptic Curve Digital Signature Algorithm) utilisé par Bitcoin pourraient émerger dans cette décennie. Google, IBM et des acteurs soutenus par des États investissent massivement dans cette course. La puissance de calcul quantique double approximativement tous les deux ans, selon les données publiées par les équipes de recherche de ces géants technologiques.

Ce scénario touche en priorité les bitcoins de Satoshi Nakamoto — estimés à environ 1 million de BTC — dont les adresses P2PK exposent directement la clé publique. Il concerne aussi tous les utilisateurs ayant réutilisé une même adresse Bitcoin à plusieurs reprises, une pratique courante dans les premières années du réseau.

Adam Back démonte la panique : pourquoi Bitcoin n’est pas sans défense

Adam Back, inventeur de Hashcash et PDG de Blockstream, ne nie pas la réalité de la menace quantique à long terme. Mais il pointe une faille majeure dans le raisonnement alarmiste : Bitcoin peut évoluer. Le protocole n’est pas figé dans le marbre cryptographique de 2009.

La communauté des développeurs Bitcoin travaille activement sur des solutions de cryptographie post-quantique. Des propositions comme les signatures de Lamport ou les schémas basés sur des réseaux euclidiens (lattice-based cryptography) sont déjà à l’étude dans le cadre du processus de standardisation du NIST. Back souligne également qu’une migration des adresses vulnérables vers des adresses résistantes au quantique pourrait être orchestrée bien avant que la menace ne devienne opérationnelle — à condition que la communauté agisse avec suffisamment d’anticipation.

Le vrai risque, selon Back, n’est pas technique mais comportemental : les détenteurs inactifs de bitcoins anciens — dont certains sont probablement perdus à jamais — ne migreront jamais leurs fonds. C’est là que réside la vulnérabilité structurelle, pas dans une incapacité du protocole à s’adapter. La question n’est donc pas « Bitcoin peut-il survivre au quantique ? » mais « combien de BTC seront laissés derrière lors de la transition ? »

Ce que les holders de Bitcoin doivent retenir aujourd’hui

Pour les détenteurs actuels, le message pratique est clair : éviter de réutiliser une adresse Bitcoin et privilégier les adresses de type SegWit (bech32) ou Taproot, qui n’exposent pas la clé publique avant la signature d’une transaction. Ces formats offrent une couche de protection supplémentaire dans le scénario d’une montée en puissance quantique progressive.

Sur le plan macroéconomique, l’alerte de Tom Lee intervient dans un contexte où la narrativité autour de la sécurité de Bitcoin influence directement le sentiment de marché. Une pression vendeuse liée à des craintes quantiques mal calibrées pourrait créer des opportunités pour les investisseurs bien informés — ou des zones de volatilité brutale pour ceux qui réagissent à l’émotion plutôt qu’à l’analyse.

L’horizon 2028 reste spéculatif. Aucun ordinateur quantique opérationnel ne dispose aujourd’hui de la puissance nécessaire pour menacer ECDSA-256. Les experts en cryptographie quantique estiment généralement qu’il faudrait plusieurs millions de qubits logiques stables — là où les machines actuelles plafonnent à quelques milliers de qubits physiques bruités. Le compte à rebours existe, mais il n’est pas encore enclenché.

Simon Dumoulin

Simon Dumoulin

Analyste crypto, fort de 7 ans d'expérience en trading et d'un parcours solide dans l'industrie de l'iGaming et des cryptomonnaies, je couvre l'actualité crypto avec une approche rigoureuse et accessible. Passionné par la blockchain depuis 2019, j'ai publié plus de 1 200 articles et guides sur les cryptomonnaies, la DeFi et la blockchain, reconnus pour leur fiabilité et leur clarté.
 Spécialisé dans le trading on-chain et l'analyse des mouvements de baleines, je décrypte les flux blockchain pour anticiper les tendances avant qu'elles ne deviennent évidentes. L'un de mes articles a été cité par Éric Larchevêque, cofondateur de Ledger, témoignant de la qualité et de la crédibilité de mes analyses.
 Mon objectif reste inchangé : rendre la crypto compréhensible pour tous, des débutants aux investisseurs confirmés. Suivez-moi sur LinkedIn et X pour ne manquer aucune analyse.

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