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L'OFAC sanctionne huit sociétés canadiennes d'échange liées à l'Iran

L'Office of Foreign Assets Control (OFAC), rattaché au Trésor américain, a désigné le 6 novembre 2026 huit sociétés de services monétaires établies au Canada. Selon son communiqué, elles facilitent l'échange de rials iraniens contre des actifs numériques et plusieurs d'entre elles ont traité avec des plateformes iraniennes sanctionnées.

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L'OFAC vise huit sociétés au titre de l'Executive Order 13902

Le communiqué du Trésor américain du 6 novembre 2026 annonce la désignation de huit sociétés de services monétaires (« money services businesses ») établies au Canada, dans le cadre de l'« Operation Economic Outcast ». L'OFAC les présente comme des intermédiaires qui permettent au régime iranien d'opérer (traduit de l'anglais).

Les entités visées par l'OFAC sont Million Exchange (Diverse Trade Inc), 1380079 BC Limited et Top PC Technician Inc, qui exercent toutes deux sous l'enseigne Amin Exchange, NIA Nations Currency Ltd, Farah Exchange (2397639 Ontario Ltd), CCC Inc, B Galaxy Inc, connue sous le nom Cryptoyal, et Darvish Exchange.

L'OFAC fonde ces désignations sur l'Executive Order 13902, un décret présidentiel américain qui cible notamment le secteur iranien des actifs numériques. Le motif retenu par l'OFAC est que les huit sociétés opèrent dans ce secteur de l'économie iranienne.

Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, déclare dans le communiqué : « Treasury will pursue and disrupt the Iranian regime's financial channels anywhere in the world » (le Trésor poursuivra et perturbera les circuits financiers du régime iranien partout dans le monde, traduit de l'anglais).

Le Trésor relie ces sociétés à des plateformes iraniennes et au CGRI

Pour plusieurs sociétés, le communiqué de l'OFAC décrit des transactions d'adresses d'actifs numériques qui leur sont associées avec des plateformes iraniennes déjà sanctionnées et avec des adresses associées au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).

Le communiqué de l'OFAC détaille plusieurs cas :

  • des adresses liées à NIA Nations ont échangé avec des adresses du CGRI et avec Nobitex, Wallex, Ramzinex et Bitpin ;
  • Darvish Exchange propose de convertir du bitcoin en rials, et une adresse qui lui est associée a traité avec Nobitex, Wallex, Aban Tether Exchange et Shelbit ;
  • des adresses liées à Amin Exchange ont reçu des centaines de milliers de dollars de Shelbit ;
  • des adresses liées à Million Exchange ont envoyé l'équivalent de centaines de milliers de dollars à des adresses associées au CGRI ou au terrorisme.

Le communiqué de l'OFAC ne chiffre pas le montant total des flux traités par les huit sociétés et s'en tient à des ordres de grandeur.

Le Trésor américain indique aussi que les entités désignées restent en activité et que plusieurs ont changé de nom commercial et d'adresse pour échapper à la détection.

Les désignations font suite aux sanctions du 2 juin et du 7 août

Le Trésor américain a lancé l'« Operation Economic Outcast » en août pour priver le régime iranien et le CGRI de leurs ressources économiques, y compris de l'usage des cryptomonnaies pour contourner les sanctions. Selon le communiqué, les désignations visant les sociétés établies au Canada font suite aux sanctions de l'OFAC contre des plateformes d'actifs numériques ayant transféré des actifs à l'étranger pour le compte du régime iranien, dont Shelbit, que le Trésor accuse d'avoir déplacé des millions de dollars pour le compte du CGRI.

L'OFAC a coordonné l'action avec le Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN), service de lutte contre la criminalité financière du Trésor, avec FINTRAC, la cellule de renseignement financier du Canada, et avec la Drug Enforcement Administration (DEA), l'administration américaine de lutte contre la drogue.

DonnéeValeurDateSource
Sociétés établies au Canada désignées86 novembre 2026Trésor américain (OFAC)
Plateformes iraniennes désignéesNobitex, Wallex, Bitpin, Ramzinex2 juin 2026Trésor américain (OFAC)
Plateformes désignéesAban Tether Exchange, SHPS Shelbit7 août 2026Trésor américain (OFAC)

Les avoirs sont bloqués et les institutions financières exposées à un risque de sanctions

Selon le communiqué de l'OFAC, les biens et intérêts des sociétés désignées situés aux États-Unis ou détenus par des personnes américaines sont bloqués et doivent être déclarés à l'OFAC. Sauf licence de l'OFAC ou exemption, les transactions des personnes américaines les impliquant sont en règle générale interdites.

Selon le communiqué de l'OFAC, les violations des sanctions américaines peuvent entraîner des pénalités civiles ou pénales pour des personnes américaines comme étrangères. Les institutions financières qui réalisent certaines transactions ou activités impliquant les entités désignées peuvent elles-mêmes s'exposer à des sanctions. Les personnes non américaines ont aussi interdiction de provoquer une violation des sanctions par des personnes américaines ou de contourner ces sanctions.

Le Trésor américain indique qu'il continuera de cibler l'écosystème iranien des actifs numériques ainsi que les entités et acteurs internationaux qui le facilitent, et renvoie à ses FAQ 1250 et 1257 sur le risque de sanctions lié aux plateformes iraniennes. Le communiqué du Trésor américain ne fixe aucune échéance pour la suite de l'opération.

Questions fréquentes

Quel texte juridique l'OFAC invoque-t-il pour sanctionner les huit sociétés canadiennes de services monétaires ?

L'Office of Foreign Assets Control (OFAC), rattaché au Trésor américain, indique dans son communiqué du 6 novembre 2026 que les désignations sont prises en application de l'Executive Order 13902. Ce décret cible le secteur iranien des actifs numériques, parmi d'autres secteurs clés de l'économie iranienne. Selon le communiqué, les sociétés visées sont désignées pour avoir opéré dans le secteur des actifs numériques de l'économie iranienne. Le Trésor ajoute qu'il continuera de cibler l'écosystème iranien des actifs numériques ainsi que les entités internationales qui le facilitent, et renvoie à ses FAQ 1250 et 1257 sur le risque de sanctions lié aux plateformes iraniennes.

Qu'est-ce que l'« Operation Economic Outcast » du Trésor américain ?

Selon le communiqué du Trésor américain du 6 novembre 2026, l'« Operation Economic Outcast » a été lancée en août pour couper les ressources économiques qui font vivre le régime iranien et le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), y compris l'usage des cryptomonnaies comme outil de contournement des sanctions. Le Trésor présente les désignations de huit sociétés établies au Canada comme la continuation de cette campagne. L'action a été coordonnée avec le Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN), avec FINTRAC, cellule de renseignement financier du Canada, et avec la Drug Enforcement Administration (DEA).

Quel rôle Ryan Wedding joue-t-il dans les sanctions visant les sociétés canadiennes d'échange ?

D'après le communiqué du Trésor américain du 6 novembre 2026, plusieurs des entités désignées ont travaillé avec Ryan Wedding, trafiquant de drogue canadien déjà sanctionné par l'OFAC. Le Trésor indique que Wedding a utilisé des sociétés de change des régions de Vancouver et de Toronto pour blanchir des milliards de dollars de produits de la drogue. Selon le communiqué, il a été appréhendé en janvier 2026, mais avait transféré des millions de dollars d'actifs numériques avec plusieurs des sociétés désignées avant d'être placé en détention américaine. Le Trésor cite notamment Million Exchange, Amin Exchange et Farah Exchange.

Les sociétés canadiennes sanctionnées par l'OFAC exercent-elles encore leur activité ?

Oui, selon le communiqué du Trésor américain du 6 novembre 2026 : les entités désignées restent en activité. Le Trésor précise que des médias canadiens et internationaux avaient déjà souligné les risques de contournement des sanctions et de financement du terrorisme que présentent certaines de ces sociétés de services monétaires. Il ajoute que plusieurs d'entre elles ont changé de nom commercial et d'adresse pour tenter d'échapper à la détection et aux mesures coercitives. Le communiqué décrit le Canada comme abritant des centaines de sociétés de services monétaires qui permettent de déplacer des fonds vers et depuis l'Iran.

Sources

  1. Operation Economic Outcast Sanctions Eight Canadian Money Services Businesses Enabling Iranian Regimehome.treasury.gov · Régulateur · primaire

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